Textes sacrés · Judaïsme
Sagesse juive : 47 textes de la Bible hébraïque et de Maïmonide
La sagesse juive s’exprime d’abord dans la Bible hébraïque, le Tanakh : les Proverbes, l’Ecclésiaste (Kohéleth), le livre de Job, et les lois et prophètes qui demandent la justice et la bonté. « On t’a dit ce qui est bien », rappelle Michée, avant de le résumer : « rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu ». Elle se prolonge dans la Mishna, avec les Maximes des Pères (Pirké Avot), puis chez des penseurs comme Maïmonide.
Cette page rassemble des versets du Tanakh dans la traduction de la Bible du Rabbinat français (1899) et des passages du Guide des égarés de Maïmonide traduit par Salomon Munk. Chaque texte a été vérifié mot pour mot sur une édition du domaine public. Les maximes des Pirké Avot ne sont pas encore proposées ici en français : la version anglaise de cette page les cite dans la traduction de Charles Taylor (1897).
Proverbes de Salomon : versets de sagesse juive pour le quotidien
Les Proverbes, attribués au roi Salomon, donnent des conseils concrets : garder son cœur, tenir sa langue, choisir ses amis, répondre avec douceur. « L’amour couvre toutes les fautes », dit l’un d’eux. Chaque verset peut se lire seul et se méditer toute une journée.
Que la bonté et la vérité ne te quittent jamais : attache-les à ton cou, inscris-les sur les tablettes de ton cœur.
Heureux l’homme qui a atteint la sagesse, le mortel qui met en œuvre la raison !
Plus que tout trésor garde ton cœur, car de là jaillissent des flots de vie.
La haine suscite des querelles ; l’amour couvre toutes les fautes.
Une réplique pleine de douceur détourne le courroux ; une parole blessante surexcite la colère.
Qui résiste à la colère l’emporte sur le héros ; qui domine ses passions sur un preneur de villes.
En tout temps, l’ami est fidèle à son affection : il est naturellement un frère dans le malheur.
Un nom estimé est préférable à la grande richesse : la sympathie est plus précieuse que l’argent et que l’or.
Le fer devient poli au contact du fer et l’homme au contact de son prochain.
Il en est dont la parole blesse comme des coups d’épée, mais, le langage des sages est un baume bienfaisant.
Mais tel ami est plus attaché qu’un frère.
Mettre un frein à sa bouche et à sa langue, c’est se préserver de bien des tourments.
Huile et parfum réjouissent le cœur ; de même la bonté suave d’un ami qui donne de sincères conseils.
Elle ouvre la bouche avec sagesse, et des leçons empreintes de bonté sont sur ses lèvres.
L’âme généreuse jouira de l’abondance ; qui fait pleuvoir des bienfaits est lui-même arrosé.
L’Ecclésiaste (Kohéleth) : un temps pour chaque chose
Kohéleth observe la vie avec lucidité : tout passe, le travail ne garantit rien, et pourtant il recommande de manger son pain avec joie et de semer dès le matin. Ses versets parlent aux périodes de doute ou de transition.
Il y a un temps pour tout, et chaque chose a son heure sous le ciel.
Il a fait toute chose excellente à son heure.
Être à deux vaut mieux que d’être chacun seul ; car c’est tirer un meilleur profit de son travail. Si l’un d’eux tombe, son compagnon pourra le relever ; mais si un homme isolé tombe, il n’y a personne d’autre pour le remettre debout.
Un triple lien est encore moins facile à rompre.
La fin d’une entreprise est préférable à son début ; un caractère endurant l’emporte sur un caractère hautain.
Va donc, mange ton pain allègrement et bois ton vin d’un cœur joyeux ; car dès longtemps Dieu a pris plaisir à tes œuvres.
Répands ton pain sur la surface des eaux, car à la longue tu le retrouveras.
Dès le matin, fais tes semailles, et le soir encore ne laisse pas chômer ta main, car tu ignores où sera la réussite, ici ou là, et peut-être y aura-t-il succès des deux côtés.
Douce est la lumière, et c’est une jouissance pour les yeux de voir le soleil.
J’ai reconnu qu’il n’y a pas de plus grand bien que de s’égayer et de se faire une vie heureuse. Et toutes les fois que l’homme mange et boit, jouissant du bien-être qu’il doit à son labeur, c’est là un don de Dieu.
Au jour du bonheur, sois content ; et au jour du malheur, considère.
Les paroles des sages dites avec douceur sont mieux écoutées que les cris d’un souverain éclatant parmi des sots.
Justice et bonté : versets de la Torah et des prophètes
« C’est la justice, la justice seule que tu dois rechercher », dit le Deutéronome. La Torah et les prophètes reviennent sans cesse au soin de l’étranger, au respect des anciens, à l’amour du prochain. Ces versets sont au cœur de l’éthique juive.
Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi : rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu !
C’est la justice, la justice seule que tu dois rechercher.
Mais que le bon droit jaillisse comme l’eau, la justice comme un torrent qui ne tarit point !
Ne te venge ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple, mais aime ton prochain comme toi-même : je suis l’Éternel.
Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l’étranger qui séjourne avec vous, et tu l’aimeras comme toi-même.
Vous aimerez l’étranger, vous qui fûtes étrangers dans le pays d’Égypte !
Tu ne vexeras point l’étranger. Vous connaissez, vous, le cœur de l’étranger, vous qui avez été étrangers dans le pays d’Égypte !
Mais chérissez la vérité et la paix !
Faites vos semailles selon la justice et vous moissonnerez selon la loi d’amour ; tracez-vous des sillons. C’est l’heure de se mettre en quête de l’Éternel, pour qu’il vienne verser sur vous le salut.
N’avons-nous pas tous un seul père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ?
Lève-toi à l’aspect d’une tête blanche, et honore la personne du vieillard : crains ton Dieu ! Je suis l’Éternel.
J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité ; choisis la vie ! Et tu vivras alors, toi et ta postérité.
Job et Maïmonide : la vie, l’épreuve et le nécessaire
Le livre de Job affronte la souffrance de l’innocent ; Maïmonide, rabbin et philosophe du XIIe siècle, consacre plusieurs chapitres du Guide des égarés au mal et à cette question. Ces textes invitent à regarder la vie comme un don et à se contenter du nécessaire.
Tu m’as octroyé vie et bonté, et tes soins vigilants ont préservé mon souffle.
Il tient en sa main le souffle de tout vivant et l’esprit qui anime tout corps humain.
Car il connaît la conduite que je mène : s’il me jetait au creuset, j’en sortirais pur comme l’or.
L’esprit de Dieu m’a créé, le souffle de Dieu soutient ma vie.
Écoute, Job, tout ceci ; lève-toi et considère les merveilles de Dieu.
Toutes les fois que tu y vois de la difficulté et de la peine, c’est qu’en nous efforçant de chercher ce qui n’est pas nécessaire, il nous devient difficile de trouver même le nécessaire.
Si l’on se borne au nécessaire, la chose est très-facile et s’obtient avec peu de peine.
Avec cela, son existence est un grand bien pour lui et un bienfait de la part de Dieu, en raison des propriétés et des perfections qu’il lui a accordées.
Comment étudier ces textes de sagesse juive
La tradition juive aime étudier à deux, en havrouta : deux personnes lisent le même texte, se posent des questions et confrontent leurs lectures. Tu peux le faire avec un ami ou un proche à partir d’un seul verset de cette page : que dit-il, à qui s’adresse-t-il, que changerait-il cette semaine ?
Seul, garde un carnet : recopie un proverbe le dimanche et note chaque soir une situation où il t’a guidé. Les textes de Maïmonide demandent une lecture plus lente ; lis la phrase entière, puis reformule-la avec tes propres mots avant de passer à la suivante.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la sagesse juive ?
C’est un ensemble de textes qui enseignent à bien vivre devant Dieu et avec les autres : les livres de sagesse de la Bible hébraïque, comme les Proverbes, l’Ecclésiaste et Job, puis la Mishna avec les Maximes des Pères, et les commentaires des sages. Elle insiste sur l’étude, la justice, la bonté et la mesure.
Quelle traduction de la Bible est utilisée ?
Les versets sont cités dans la Bible du Rabbinat français, traduction publiée sous la direction du grand-rabbin Zadoc Kahn à partir de 1899, aujourd’hui dans le domaine public. Elle suit la numérotation hébraïque des versets, qui diffère parfois des Bibles chrétiennes. Chaque texte a été comparé mot pour mot à l’édition publiée en ligne.
Où trouver les Pirké Avot en français ?
Les Pirké Avot, ou Maximes des Pères, forment un traité de la Mishna consacré à l’éthique. Leur texte français n’est pas encore proposé ici, faute de traduction du domaine public vérifiée. La version anglaise de cette page en cite une trentaine dans la traduction de Charles Taylor, publiée en 1897.