Textes sacrés · Bouddhisme
52 citations de Bouddha, tirées du Dhammapada et des suttas
Le Dhammapada est un recueil de 423 versets en pali, répartis en 26 chapitres, qui fait partie du canon bouddhique theravada. La tradition attribue ces versets au Bouddha, prononcés en diverses occasions et rassemblés par ses disciples. C’est la source de la plupart des citations de Bouddha authentiques, et la base de cette page.
La sélection est complétée par quelques paroles tirées des suttas de l’Aṅguttara et du Saṃyutta Nikāya. Le français cite la traduction de Fernand Hû (1878) et, pour les suttas, celles de Rémy Zins et Christelle Ah-Mouck, placées sous licence libre CC0 ; l’anglais cite Max Müller (1881) et Bhikkhu Sujato. Chaque texte a été comparé mot pour mot à sa source et garde sa référence : beaucoup de phrases attribuées au Bouddha circulent sans aucune. Pour aller plus loin, va voir les citations sur la colère et sur l’esprit et la paix intérieure.
Citations de Bouddha sur le bien et ses fruits
Le premier chapitre du Dhammapada oppose deux à deux celui qui fait le mal et celui qui fait le bien. Les versets de ce groupe insistent sur la joie du bien accompli et sur sa lente accumulation, jusqu’au verset que l’on présente souvent comme le résumé de l’enseignement : « S’abstenir de tout mal, faire le bien, purifier sa pensée, tels sont les commandements des Buddhas. » (Dhp 183)
Ici-bas, comme après sa mort, dans les deux cas, l’homme de bien se réjouit. Il se réjouit, il est heureux, à la vue de la pureté de ses actions.
Ici-bas, comme après sa mort, dans les deux cas, l’homme de bien se réjouit. « J’ai fait le bien, » dit-il en se réjouissant. Plus grande encore est sa joie, à mesure qu’il avance dans la bonne voie.
Si l’on faisait une fois le bien, on devrait recommencer et s’y complaire. Le bonheur est fils du bien.
Qu’on ne fasse point peu de cas du bien, en disant : « Il ne m’en reviendra rien ». L’eau, tombant même goutte à goutte, finit par remplir la cruche. Le bien, fait même petit à petit, finit par remplir l’âme du sage.
L’action qu’on a faite est bonne, lorsque, en la faisant, on n’est point tourmenté, lorsque c’est le visage réjoui, et la gaieté dans l’âme, qu’on en récolte les fruits.
S’abstenir de tout mal, faire le bien, purifier sa pensée, tels sont les commandements des Buddhas.
On souffrira soi-même d’une mauvaise action qu’on aura faite. En ne la faisant point, on se purifiera soi-même. Pur ou impur, c’est par soi-même que chacun l’est ; on ne se purifie point l’un l’autre.
Celui dont les mauvaises actions disparaissent sous les bonnes, celui-là répand en ce monde un éclat pareil à celui de la lune débarrassée de nuages.
Celui qui, d’abord négligent, cesse ensuite de l’être, celui-là répand en ce monde un éclat pareil à celui de la lune débarrassée de nuages.
Quand un homme, qui a été longtemps absent, revient de loin sain et sauf, ses parents, ses amis, ses intimes saluent avec joie son retour. De même, quand un homme de bien arrive de ce monde dans l’autre, les mérites qu’il s’est acquis lui font le même accueil que des parents à un être aimé qui est de retour.
Veillez sur votre langage ; maintenez dans la continence votre esprit, et ne faites point le mal avec votre corps. Celui qui, dans ses actes, suivrait avec pureté ces trois routes, — celui-là arriverait à la voie prêchée par les sages.
Le parfum de la vertu
Le chapitre IV, « La Fleur » chez Fernand Hû, compare la vertu à un parfum qui, seul de tous, va contre le vent (Dhp 54). On y trouve aussi l’abeille qui butine sans abîmer la fleur, et le lotus qui pousse sur un tas d’immondices au bord de la route : le bien n’attend pas un terrain parfait.
Telle l’abeille, respectant les couleurs et le parfum des fleurs, emporte seulement leur suc. Tel doit être le muni au milieu du village.
Ce n’est point sur les transgressions des autres, sur les actions ou les omissions des autres, qu’il doit fixer son attention, mais sur ce qu’il a fait ou omis de faire lui-même.
Telle une fleur aux couleurs brillantes, et parfumée, tel le langage élégant et profitable à tous de celui qui agit (comme il parle).
De même qu’un monceau de fleurs ferait de nombreuses guirlandes, de même, une fois né, un mortel doit faire beaucoup de bien.
Le parfum des fleurs ne va point contre le vent, ni celui du sandal, ni celui du tagara ou de la mallikâ. Mais il va contre le vent, le parfum de la vertu. L’homme de bien embaume toutes les régions de l’univers.
Que ce soit le sandal, le tagara, le lotus ou l’aloès, le parfum de la vertu surpasse le parfum de ces arbres odorants.
Peu de chose est ce parfum du sandal et du tagara. Le plus délicieux parfum est celui qu’exhalent les hommes de bien. Il embaume jusqu’aux dieux.
De même qu’au milieu d’un tas d’immondices jetées sur la grande route peut naître un lotus ravissant, à la pure odeur, de même, au milieu des immondices de l’humanité, au milieu de cette tourbe aveuglée, resplendit, grâce à la Science Parfaite, le disciple de Celui qui est complétement éveillé (Buddha).
« Ils vieillissent, les chars diversement ornés des rois, il vieillit aussi, le corps de l’homme. Seule, la vertu des justes ne vieillit pas. » Ainsi parlent aux justes les justes.
Les hommes de bien brillent de loin comme une montagne neigeuse. Mais les méchants, on ne les voit pas plus ici-bas que des flèches lancées la nuit.
Celui qui est doué de vertu et d’intelligence, qui observe la Loi, qui dit la vérité, qui fait ce qu’il a à faire, — celui-là, tout le monde l’aime.
Celui en qui résident la vérité, la justice, la douceur, la retenue et l’empire sur soi-même, le sage exempt de péché, — voilà celui qu’on appelle « un ancien ».
Se vaincre soi-même
Pour le Dhammapada, la victoire sur soi dépasse toutes les autres : « On aurait beau, dans une rencontre, vaincre des milliers et des milliers d’hommes : se vaincre soi tout seul est la plus glorieuse des victoires. » (Dhp 103). Les versets de ce groupe parlent de vigilance, d’effort et de discipline, et rappellent que les Bouddhas montrent la voie sans la parcourir à la place de chacun (Dhp 276).
Au moyen du zèle, de la vigilance, de la paix de l’âme et de l’empire sur soi-même, le sage peut se faire une île que les flots n’inondent pas.
Les sots, étourdis comme ils le sont, se laissent aller à la négligence. Le sage, au contraire, conserve la vigilance comme le plus précieux des trésors.
Vigilant au milieu des négligents, éveillé au milieu des endormis, l’homme intelligent marche, laissant les autres aussi loin derrière lui qu’un rapide coursier laisse un cheval débile.
On aurait beau, dans une rencontre, vaincre des milliers et des milliers d’hommes : se vaincre soi tout seul est la plus glorieuse des victoires.
Mieux vaut se vaincre soi-même que vaincre le reste du monde. L’homme qui s’est dompté lui-même, qui vit dans la continence, — celui-là, ni Dieu, ni Gandharva, ni Mâra avec Brahmâ lui-même ne pourraient changer sa victoire en défaite.
Cent années d’une vie passée dans l’ignorance et la dissipation ne valent pas un seul jour d’une vie consacrée à la science et à la méditation.
S’il mettait en pratique sur lui-même ce qu’il enseigne à son prochain, après s’être convenablement dompté lui-même, il dompterait celui-ci facilement. Ce qui est difficile, c’est de se dompter soi-même.
Mettez-vous donc à l’œuvre avec ardeur. Les Tathâgatas se contentent de prêcher. Une fois entré dans cette voie, la méditation vous délivre des liens de Mâra.
Retire-toi en toi-même comme dans une île. Mets-toi vite à l’œuvre, deviens savant. Une fois sans souillure, sans péché, tu ne seras plus assujéti ni à la naissance, ni à la vieillesse.
Levez-vous ; ne soyez point négligents ; agissez conformément à la Loi. Celui qui observe la Loi vit heureux en ce monde et dans l’autre.
L’homme actif, instruit, se conduisant avec pureté et réflexion, continent, vivant selon la Loi, et vigilant, répand un éclat de plus en plus vif.
Citations de Bouddha sur le bonheur
Le chapitre XV, « Le Bonheur », s’ouvre sur une série de versets où revient la même invitation, « vivons heureux », au milieu de ceux qui haïssent, souffrent ou convoitent. Il contient aussi l’un des versets les plus connus : « La santé est la meilleure des acquisitions ; le contentement, la meilleure des richesses ; la confiance, le meilleur des parents ; le Nirvâna, le bonheur suprême. » (Dhp 204)
Ah ! vivons heureux, sans être malades, au milieu de ceux qui le sont ! Au milieu des malades, habitons sans l’être !
Ah ! vivons heureux, sans avoir de désirs au milieu de ceux qui en ont ! Au milieu des hommes qui ont des désirs, habitons sans en avoir !
Ah ! vivons heureux, nous qui ne possédons rien ! Nous serons semblables aux dieux Abhâsvaras, savourant comme eux le bonheur.
La santé est la meilleure des acquisitions ; le contentement, la meilleure des richesses ; la confiance, le meilleur des parents ; le Nirvâna, le bonheur suprême.
Après avoir savouré le breuvage de l’isolement, et celui de la quiétude, on ne craint plus rien, on ne pèche plus, et l’on savoure celui de la loi.
Lorsque l’occasion s’en présente, c’est un bonheur que des compagnons ; c’est un bonheur que la joie, quelle qu’en soit la cause ; c’est un bonheur que des mérites acquis à l’article de la mort ; c’est un bonheur que le renoncement à toute douleur.
C’est un bonheur, en ce monde, que la maternité ; c’est un bonheur aussi que la paternité ; c’est un bonheur, en ce monde, que la condition de Çramana ; c’est un bonheur, en ce monde, que celle de Brâhmana.
C’est un bonheur que la pratique de la vertu jusqu’à la vieillesse ; c’est un bonheur qu’une foi solide ; c’est un bonheur que l’acquisition de la Science Parfaite ; c’est un bonheur que l’abstention de toute mauvaise action.
Sur tout don l’emporte le don de la Loi ; sur toute saveur, la saveur de la Loi ; sur toute jouissance, la jouissance de la Loi ; sur tout bonheur, la destruction de la convoitise.
C’est un bonheur, quand se produisent des Buddhas. C’est un bonheur que l’exposition de la vraie Loi. C’est un bonheur, lorsque l’accord règne dans la Communauté. C’est un bonheur que les austérités pratiquées dans une semblable communauté !
L’amitié et les bons compagnons
Le choix des compagnons revient souvent dans les textes : marcher avec un ami sage, sinon marcher seul (Dhp 328-330). Les suttas cités ici décrivent l’ami véritable, qui donne ce qui est difficile à donner, et les quatre façons de rassembler les autres : le don, la parole aimable, une attitude constructive et l’égalité.
Celui qui est un sage, un savant, ayant beaucoup appris, patient comme une bête de somme, et fidèle à ses vœux, un Arya, — ce mortel vertueux, doué d’une heureuse intelligence, suivez-le, comme la lune suit le chemin des étoiles.
Si vous rencontrez un compagnon mûri par l’expérience, un sage suivant le même chemin que vous et pratiquant la justice avec fermeté, surmontez tous les obstacles, et marchez à côté de lui, charmé et attentif.
Si vous ne rencontrez pas un compagnon mûri par l’expérience, un sage suivant le même chemin que vous et pratiquant la justice, marchez seul, comme un roi vaincu abandonnant son royaume, comme un éléphant solitaire.
Mieux vaut vivre seul ; un sot n’est point une société. Qu’on vive seul et qu’on s’abstienne du mal, avec aussi peu de désirs qu’un éléphant solitaire.
« Ayant exploré chaque quartier de l’esprit, on ne trouve personne qu’on aime plus que soi-même. De la même façon chez les autres, chacun se chérit ; ainsi quelqu’un qui désire la connaissance de soi ne devrait faire du mal à personne. »
Il y a, mendiants, ces quatre occasions de (pratiquer l’)amabilité. Quelles sont ces quatre ? Un don, une parole aimable, une attitude constructive et l’égalité.
Mendiants, un ami qui est pourvu de trois caractéristiques est à fréquenter. Quelles sont ces trois ? Il donne ce qui est difficile à donner, il fait ce qui est difficile à faire, il endure ce qui est difficile à endurer. Un ami qui est pourvu de ces trois caractéristiques, mendiants, est à fréquenter.
Il y a, mendiants, ces deux (types de) don. Quels sont ces deux ? Le don de choses matérielles et le don du Dhamma. Voici, mendiants, quels sont ces deux (types de) don. De ces deux (types de) don, le plus éminent est le don du Dhamma.
Comment lire ces citations
Les versets du Dhammapada sont faits pour être retenus : courts, rythmés, souvent bâtis sur une image. Choisis-en un le matin et repère, dans la journée, une situation où il s’applique. Le soir, relis-le : il dit souvent autre chose après une journée vécue.
La référence (Dhp et le numéro du verset) te permet de retrouver le passage dans une autre traduction, la numérotation de 1 à 423 étant la même chez Hû, chez Müller et sur SuttaCentral. Pour les suttas, elle renvoie au recueil et au numéro du texte. Comparer deux traductions d’un même verset aide à voir ce que chaque traducteur a choisi.
Dans l’application Selfia, la voie Bouddhisme (Réglages › Spiritualité) ajoute des passages de textes bouddhiques dans une section à part, avec la traduction citée.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Dhammapada ?
C’est un recueil de 423 versets en pali, répartis en 26 chapitres, qui appartient au Khuddaka Nikāya, la « petite collection » du canon bouddhique theravada. La tradition attribue ces versets au Bouddha. Son nom associe dhamma, l’enseignement, et pada, qui signifie à la fois le pas, le chemin et la parole.
Comment savoir si une citation de Bouddha est authentique ?
Cherche une référence précise : un numéro de verset du Dhammapada, ou un recueil et un numéro de sutta. Beaucoup de phrases attribuées au Bouddha sur les réseaux sociaux n’en ont aucune. Toutes les citations de cette page en ont une, et chacune a été comparée mot pour mot à la traduction indiquée. Une phrase sans source n’est pas forcément fausse, mais rien ne permet de l’attribuer.
Quelle traduction française du Dhammapada est utilisée ?
Celle de Fernand Hû, publiée en 1878 chez Ernest Leroux dans la Bibliothèque orientale elzévirienne et aujourd’hui dans le domaine public. Son français a vieilli, avec des mots comme « Buddha » ou « Bhixu », mais il reste proche du texte. Les passages des suttas viennent de Rémy Zins et Christelle Ah-Mouck, qui ont placé leurs traductions sous licence CC0.