Textes sacrés · Bouddhisme

32 citations de Bouddha sur l’esprit, le calme et la paix intérieure

« La pensée est difficile à contenir, légère, courant où il lui plaît. La dompter est chose salutaire ; domptée, elle procure le bonheur. » Ce verset du Dhammapada (35) résume une idée que l’on retrouve dans tous les textes bouddhiques : l’esprit s’apprivoise. Cette page réunit des versets et des passages des suttas sur la pensée, le calme, la sérénité face au blâme et à la louange, et l’impermanence de toute chose.

Le français cite Fernand Hû (Le Dhammapada, 1878) et les traductions de Rémy Zins et Christelle Ah-Mouck, placées sous licence CC0 par SuttaCentral ; l’anglais cite Max Müller (1881) et Bhikkhu Sujato, qui ajoutent quelques passages du Sutta Nipāta et de l’Udāna sans équivalent français libre de droits. Chaque texte a été vérifié mot pour mot sur sa source. Pour mettre ces citations en pratique, la page des affirmations spirituelles propose des phrases pour méditer, et les citations de Bouddha d’autres versets.

Dompter l’esprit

Le chapitre III, « La Pensée », parle de l’esprit (citta en pali) : difficile à contenir, léger, « courant où il lui plaît » selon Fernand Hû. Les versets le comparent à une maison dont la pluie traverse le toit mal couvert, et à l’éléphant que le cornac finit par maîtriser.

  • La pensée est difficile à contenir, légère, courant où il lui plaît. La dompter est chose salutaire ; domptée, elle procure le bonheur.

    Dhammapada 3:35 trad. Hû, 1878
  • La pensée est difficile à découvrir, très-adroite, courant où il lui plaît. Que le sage la surveille ; surveillée, elle procure le bonheur.

    Dhammapada 3:36 trad. Hû, 1878
  • Vagabonde, solitaire et incorporelle, la pensée habite les replis de l’être. Ceux qui la contiendront seront délivrés des liens de Mâra.

    Dhammapada 3:37 trad. Hû, 1878
  • Auparavant ma pensée vagabonde allait çà et là, où le désir, où l’amour, où le plaisir l’appelaient. Aujourd’hui je la maîtrise complètement, comme le cornac maîtrise l’éléphant en rut.

    Dhammapada 23:326 trad. Hû, 1878
  • Complaisez-vous dans la vigilance ; veillez sur votre pensée ! Ainsi qu’un éléphant couché dans la boue, arrachez-vous de la voie mauvaise.

    Dhammapada 23:327 trad. Hû, 1878
  • De même que, dans une maison dont la couverture est mauvaise, pénètre la pluie, de même dans un esprit où la méditation n’habite point, pénètre la passion.

    Dhammapada 1:13 trad. Hû, 1878
  • De même que, dans une maison dont la couverture est bonne, ne pénètre point la pluie, de même dans un esprit où la méditation habite, ne pénètre point la passion.

    Dhammapada 1:14 trad. Hû, 1878

Une pensée bien dirigée

Deux versets jumeaux (Dhp 42-43) disent qu’une pensée mal dirigée fait plus de mal qu’un ennemi, et qu’une pensée bien dirigée fait plus de bien qu’un père ou une mère. Un sutta de l’Aṅguttara Nikāya ajoute que l’esprit est lumineux, et qu’on peut le libérer des souillures venues du dehors.

  • Quelque mal réciproque qu’on puisse se faire entre gens qui se haïssent, entre ennemis, une pensée mal dirigée en ferait plus encore.

    Dhammapada 3:42 trad. Hû, 1878
  • Quelque bien que puissent se faire soit un père, soit une mère, soit d’autres parents, une pensée bien dirigée en ferait plus encore.

    Dhammapada 3:43 trad. Hû, 1878
  • Mendiants, cet esprit est lumineux. Et il est délivré des souillures étrangères. Un noble disciple instruit discerne cela tel que c’est réellement, et c’est pourquoi je dis qu’il y a un développement de l’esprit pour un noble disciple instruit.

    Aṅguttara Nikāya 1.52 trad. Zins
  • Mendiants, si un mendiant pratique un esprit de bienveillance, ne serait-ce que le temps d’une fraction de seconde, on dit de lui que c’est un mendiant qui n’est pas dépourvu de méditation, qui suit les instructions de l’Enseignant, qui répond aux exhortations, et qui ne mange pas la nourriture du pays en vain. Et que dire de celui qui le cultive abondamment !

    Aṅguttara Nikāya 1.53 trad. Zins
  • Si l’on se tient pour cher à soi-même, soigneusement on doit veiller sur soi-même. Des trois veilles, que le sage veille au moins une !

    Dhammapada 12:157 trad. Hû, 1878
  • Stimule-toi toi-même ; examine-toi toi-même. C’est ainsi, ô Bhixu, que veillant sur toi-même et ayant bonne mémoire, tu vivras heureux.

    Dhammapada 25:379 trad. Hû, 1878
  • Le Moi est le maître du Moi. Chacun marche dans sa voie à lui. Tenez-vous donc vous-mêmes en rênes, comme un marchand tient en rênes un noble coursier.

    Dhammapada 25:380 trad. Hû, 1878
  • Le moi est le maître du moi. Quel autre maître y aurait-il ? Un moi bien dompté est un maître qu’on se procure difficilement.

    Dhammapada 12:160 trad. Hû, 1878

Citations de Bouddha sur le calme et la sérénité

Le chapitre VI, « Le Savant » chez Hû, compare celui qui a compris à un rocher que le vent n’ébranle pas, et à une eau profonde, calme et limpide. Ces versets décrivent une sérénité qui ne dépend pas des circonstances, sur laquelle ni le blâme ni la louange n’ont de prise.

  • À leur guise, les constructeurs d’aqueducs dirigent l’eau, les faiseurs de flèches plient l’arc, les charpentiers courbent le bois : c’est d’eux-mêmes que viennent à bout les savants.

    Dhammapada 6:80 trad. Hû, 1878
  • De même qu’un rocher d’un seul bloc n’est point ébranlé par le vent, de même ni le blâme, ni la louange n’ont de prise sur les savants.

    Dhammapada 6:81 trad. Hû, 1878
  • Semblables à une pièce d’eau profonde, calme et limpide, n’ayant d’oreilles que pour les préceptes de la Loi, les savants vivent dans une sérénité complète.

    Dhammapada 6:82 trad. Hû, 1878
  • Partout où ils vont, les hommes de bien sont ce qu’ils sont. Le désir des jouissances n’arrache point une parole aux gens vertueux. En possession du bonheur, ou bien en proie au malheur, les savants ne laissent voir ni orgueil, ni abattement.

    Dhammapada 6:83 trad. Hû, 1878
  • Calme est son esprit, calme son langage, calme sa manière d’agir, à celui qui est affranchi par la Science Parfaite, qui vit dans la quiétude absolue.

    Dhammapada 7:96 trad. Hû, 1878
  • Le Bhixu qui habite une maison vide, et dont la pensée est au repos, ressent une joie surhumaine, en fixant les yeux sur la Loi.

    Dhammapada 25:373 trad. Hû, 1878
  • S’abreuvant de la Loi, le savant vit heureux dans la sérénité de son âme. Dans la doctrine enseignée par les Aryas, il se complaît éternellement.

    Dhammapada 6:79 trad. Hû, 1878

L’impermanence et le lâcher-prise

Gain et perte, gloire et disgrâce, plaisir et douleur : un sutta de l’Aṅguttara Nikāya (8.5) rappelle que toutes ces conditions passent. Les versets du Dhammapada en tirent une invitation à regarder le monde comme une bulle ou un mirage, et à vider sa barque de ce qui l’alourdit.

  • Gain et perte, gloire et disgrâce, blame et louanges, et plaisir et douleur. Ces caractéristiques parmi les hommes sont impermanentes, éphémères, et périssables.

    Aṅguttara Nikāya 8.5, §2 trad. Ah-Mouck
  • Une personne intelligente et attentive connait ces choses, voyant qu’elles sont périssables. Les objets désirables ne perturbent pas leur esprit, ils ne sont pas non plus repoussés par l’indésirable. A la fois préférer et s’opposer sont éliminés et ont disparu, ils ne sont plus. Connaissant l’état sans tache, sans désolation, ceux qui sont allés au-delà de la renaissance comprennent correctement.

    Aṅguttara Nikāya 8.5, §3-4 trad. Ah-Mouck
  • Mendiants, qu’un Tathagata soit apparu (dans le monde) ou qu’aucun Tathagata ne soit apparu (dans le monde), cette loi, cette stabilité du Dhamma, cette fixité du Dhamma restent immuables : tous les phénomènes construits sont impermanents.

    Aṅguttara Nikāya 3.136, §1 trad. Zins
  • Celui qui regarde ce monde du même œil qu’on regarde une bulle d’air, du même œil qu’on regarde un rayon de lumière, celui-là, le roi de la mort (Mâra) ne le voit pas.

    Dhammapada 13:170 trad. Hû, 1878
  • Venez, contemplez ce monde, multicolore comme les chars royaux, dans lequel les sots se plongent, et avec lequel les sages ne conservent point d’attaches.

    Dhammapada 13:171 trad. Hû, 1878
  • Celui qui ici-bas secoue le joug difficile à secouer de cette convoitise, l’affliction se détache peu à peu de lui, comme des gouttes d’eau tombant d’une feuille de lotus.

    Dhammapada 24:336 trad. Hû, 1878
  • De même que la Varshikâ se débarrasse de ses fleurs fanées, de même, ô Bhixu, débarrassez-vous de la passion et de la haine.

    Dhammapada 25:377 trad. Hû, 1878
  • Ô Bhixu, vide cette barque ! Vidée, elle voguera légèrement. Lorsque tu auras supprimé en toi la passion et la haine, tu arriveras au Nirvâna.

    Dhammapada 25:369 trad. Hû, 1878
  • Celui sur lequel glissent les jouissances comme l’eau sur une feuille de lotus, ou la graine de moutarde sur une pointe d’aiguille, — celui-là, je le dis « un Brâhmana ».

    Dhammapada 26:401 trad. Hû, 1878
  • Celui qui sait mettre ici-bas un terme à la douleur, qui a déposé son fardeau, qui est détaché de tout, — celui-là, je le dis « un Brâhmana ».

    Dhammapada 26:402 trad. Hû, 1878

Comment méditer avec ces citations

Choisis un verset court, par exemple celui sur la pensée qui s’apprivoise (Dhp 35), et lis-le avant de t’asseoir quelques minutes en silence. Quand ton attention s’échappe, ramène-la doucement, sans te juger : c’est l’exercice que décrit le verset 326, avec l’image du cornac et de l’éléphant.

Les versets sur le blâme et la louange servent dans la journée : relis-les après une critique ou un compliment, pour en mesurer le poids réel. Le groupe sur l’impermanence convient mieux au soir, quand on fait le tri de ce qui a compté.

Dans l’application Selfia, la voie Bouddhisme (Réglages › Spiritualité) ajoute des textes bouddhiques dans une section séparée, et la méditation animée propose une respiration guidée, sans voix.

Questions fréquentes

Que dit Bouddha sur l’esprit ?

Le Dhammapada consacre son troisième chapitre à la pensée, citta en pali : difficile à contenir, elle peut être domptée, et une pensée domptée apporte le bonheur (Dhp 35). Le premier verset du recueil, qui n’est pas repris ici, va plus loin : il fait de l’esprit la source de nos états, heureux ou malheureux.

Qu’est-ce que l’impermanence dans le bouddhisme ?

L’impermanence, anicca en pali, est l’une des trois caractéristiques de l’existence avec la souffrance et le non-soi : tout ce qui est conditionné change et finit par disparaître. Le sutta de l’Aṅguttara Nikāya cité sur cette page (3.136) le dit ainsi : « tous les phénomènes construits sont impermanents ».

Comment garder son calme face aux critiques ?

Le Dhammapada propose l’image du rocher que le vent n’ébranle pas (Dhp 81). Il rappelle aussi qu’on blâme celui qui se tait comme celui qui parle beaucoup (Dhp 227), et que personne n’a jamais été seulement blâmé ou seulement loué (Dhp 228). Une critique dit quelque chose de vrai parfois, mais rarement tout.